Le lion apparaît dans plusieurs œuvres de Salvador Dalí, surtout à partir de 1929. La plus célèbre est « Dormeuse, cheval, lion invisibles » (1930), conservée au Centre Pompidou, où une image double fait passer une femme endormie à un lion, puis à un cheval. Le lion y est moins un sujet qu'une étape du jeu d'images que Dalí appelait la « paranoïa-critique ».
Cet article liste les œuvres où l'on voit un lion, avec leurs dates et leur lieu de conservation, sépare ce qui est établi de ce qui reste interprétation, et donne des conseils pour acheter une estampe ou une sculpture sans se faire piéger.
L'essentiel en 30 secondes
- Le lion apparaît chez Dalí dès 1929, en tête découpée ou dans une image double.
- Le tableau le plus connu est « Dormeuse, cheval, lion invisibles » (1930), au Centre Pompidou ; Dalí en a peint trois versions.
- « Les Accommodations des désirs » (1929), au Metropolitan Museum de New York, utilise des têtes de lion découpées dans un livre d'images.
- Le sens du lion chez Dalí reste une affaire d'interprétation : méfiez-vous des explications données comme des certitudes.
- Pour acheter une estampe ou une sculpture « Dalí », exigez la référence au catalogue, l'éditeur et un certificat ; les éditions posthumes demandent une vigilance particulière.
Où voit-on un lion chez Dalí ?
Le lion n'est pas le motif le plus célèbre de Dalí, d'abord connu pour ses montres molles et ses paysages de rêve. Il revient pourtant dans plusieurs œuvres, à partir de 1929. Le catalogue raisonné de la Fundació Gala-Salvador Dalí indique que la tête de lion est typique de sa peinture et qu'elle apparaît dès 1929, dans des œuvres inaugurales de sa période surréaliste.
Voici les œuvres où la présence d'un lion est établie, avec leur lieu de conservation tel que l'indiquent les musées et le catalogue raisonné.
| Œuvre | Date | Où elle se trouve | Le lion |
|---|---|---|---|
| Les Accommodations des désirs | 1929 | Metropolitan Museum of Art, New York (collection Jacques et Natasha Gelman) | Têtes de lion découpées dans ce qui devait être un livre d'images pour enfants |
| Dormeuse, cheval, lion invisibles | 1930 | Centre Pompidou, Paris (don de l'Association Bourdon, 1993) ; deux autres versions existent | Une étape de l'image double : femme, lion, cheval |
| Tête de lion rugissant avec une assiette d'œufs sur le plat dans la gueule | 1933 | Localisation inconnue ; l'objet n'est connu que par des photographies | Assemblage décrit en 1935 comme une tête de lion en plâtre |
| Le Lion | 1956 | Dessin à la plume passé par une galerie londonienne ; un dessin voisin est au Dalí Museum, à Saint-Pétersbourg (Floride) | Dessin tiré d'un nom de famille : celui de Stephan Lion |
| La Cour du Lion (planche du Bestiaire de La Fontaine dalinisé) | 1974 | Estampe tirée à 250 exemplaires, en collections privées et en salles de vente | Illustration d'une fable de La Fontaine |
Les musées changent parfois leur accrochage : vérifiez qu'une œuvre est exposée avant de vous déplacer. Le Centre Pompidou, en particulier, est fermé pour travaux (réouverture annoncée pour 2030) et présente ses collections hors les murs.
Que montre « Dormeuse, cheval, lion invisibles » ?
Ce tableau de 1930 est une huile sur toile de 50,2 × 65,2 cm, conservée au Centre Pompidou (inventaire AM 1993-26). Une série de six dessins préparatoires précède la version finale : par ajouts graphiques successifs, une femme couchée devient un lion, puis le lion devient un cheval. C'est le principe de l'image double, que Dalí rattache à sa « paranoïa-critique », définie par lui comme une « méthode spontanée de connaissance irrationnelle ».

Le lion n'est donc pas le sujet du tableau : il est une étape du jeu d'images, entre la femme et le cheval. Selon le MoMA, Dalí a aussi publié une planche de cette composition dans son livre La Femme visible (1930).
L'histoire de la toile est mouvementée. Elle est exposée dans le foyer du Studio 28, à Paris, pendant la projection de L'Âge d'or, le film de Luis Buñuel, du 28 novembre au 3 décembre 1930. Le 3 décembre, des membres de la Ligue des patriotes et d'une ligue antisémite saccagent la salle et le tableau. Le vicomte de Noailles invite alors Dalí à restaurer la toile et à en peindre deux autres : les trois versions sont montrées chez Pierre Colle en 1931. Voici celles que le catalogue raisonné répertorie.
| Où elle se trouve | Dimensions | Numéro du catalogue raisonné |
|---|---|---|
| Centre Pompidou, Paris | 50,2 × 65,2 cm | P 247 |
| Pola Museum of Art, Kanagawa (Japon) | 60,6 × 70,4 cm | P 245 |
| Collection particulière, Paris | 52 × 60 cm | P 246 |
Les trois toiles ont le même sujet, mais elles ne sont pas identiques. Quand une page parle de « la » Dormeuse, cheval, lion, vérifiez de quelle version il s'agit.
Que signifie le lion chez Dalí ?
Les sources que nous avons lues n'attachent pas au lion une signification fixe chez Dalí. Voici ce qui est documenté.
- En 1930, le lion sert le procédé de l'image double. Selon la notice du Centre Pompidou, Dalí décrit lui-même le résultat : il a obtenu l'image d'une femme dont la position, les ombres et la morphologie sont aussi celles d'un cheval.
- En 1929, Les Accommodations des désirs est peint pendant l'été, alors que Dalí vit son amour pour Gala, à l'époque épouse du poète Paul Éluard. Le Metropolitan Museum décrit des têtes de lion qui terrorisent et rattache le tableau à l'angoisse de Dalí devant cette liaison. Il précise que Dalí n'a pas peint ces têtes, mais les a découpées dans un livre d'images.
Certaines pages en ligne donnent au lion un sens précis chez Dalí (puissance, virilité, autorité) sans citer un texte de lui ni une étude. Gardez ces lectures pour ce qu'elles sont : des hypothèses.
Le bon réflexe
Pour vérifier une interprétation, cherchez trois choses : la notice du musée, le catalogue raisonné de la Fundació Gala-Salvador Dalí et un texte daté de Dalí lui-même.
Dessins et estampes : Le Lion (1956) et La Cour du Lion (1974)
Un dessin tiré d'un nom de famille
En 1956, Dalí dessine Le Lion pour Stephan Lion, collectionneur et concepteur d'expositions qui travaillait avec lui à New York dans les années 1940 et 1950. Lion lui avait demandé un dessin inspiré de son nom. D'après la galerie Piano Nobile, qui a présenté une version à la plume et à l'encre noire, un autre dessin, plus abouti, se trouve au Dalí Museum de Saint-Pétersbourg (Floride). Cette information vient d'une seule source, de marchand.
La Fontaine « dalinisé »
En 1974, Dalí illustre des fables de La Fontaine dans une suite d'estampes, Le Bestiaire de La Fontaine dalinisé. La planche La Cour du Lion reprend la fable de La Fontaine du même nom (1678). Les épreuves sont en pointe sèche et pochoir, avec un tirage annoncé de 250 exemplaires, édité par Mouret et imprimé par les Ateliers Rigal. On en trouve en salle de vente, d'où l'importance des conseils d'achat plus bas. Pour une autre fable où le lion tient la vedette, voyez Le Lion et le Rat.
Acheter une œuvre de Dalí avec un lion : comment éviter les pièges ?
Les estampes de Dalí ont beaucoup été contrefaites, et un nom aussi célèbre attire les « souvenirs » en tout genre. Voici des repères prudents, selon ce que l'on vous propose.

| Ce que l'on vous propose | Ce qu'il faut vérifier |
|---|---|
| Peinture ou dessin original | Une référence dans le catalogue raisonné de la Fundació Gala-Salvador Dalí, un historique de propriété (provenance) et la liste des expositions. Passez par une maison de vente ou une galerie reconnue. |
| Estampe (lithographie, pointe sèche, pochoir) | La référence dans les catalogues de Field et de Michler et Löpsinger, l'éditeur, le tirage, un certificat de la galerie ou de l'éditeur et une facture qui identifie l'œuvre. |
| Sculpture en bronze ou en résine | Le nom de la fonderie, le numéro dans l'édition, la date de fonte et surtout si l'exemplaire date du vivant de Dalí ou s'il s'agit d'une édition posthume. |
| Affiche, tableau « d'après Dalí » | S'il s'agit d'une reproduction autorisée (mentions de droits) ou d'une copie. Une reproduction n'est jamais une œuvre originale. |
Dans les années 1970 et 1980, Dalí a signé des dizaines de milliers de feuilles vierges, selon les guides d'achat. Après sa mort, beaucoup de ces feuilles ont servi à imprimer des estampes contrefaites. Une signature à la main ne prouve donc rien à elle seule : une lithographie introuvable dans les catalogues de référence doit éveiller le doute.
Dalí est mort en 1989. Une sculpture fondue après sa mort, dite édition posthume, peut être autorisée par ses ayants droit, mais elle n'a pas le statut d'une pièce faite de son vivant. Demandez la mention « posthume » par écrit. Enfin, ses œuvres restent protégées par le droit d'auteur, en Europe jusqu'à la fin de 2059 : une reproduction vendue doit être autorisée.
À éviter
N'achetez pas une « œuvre originale » sur la seule foi d'une signature et d'un certificat établi par le vendeur lui-même. Un prix très bas pour un nom aussi célèbre est un signal d'alerte.
Quel animal Dalí avait-il : un lion ?
Non, Dalí n'avait pas de lion. Son animal de compagnie le plus connu était un ocelot nommé Babou, un félin tacheté d'Amérique qu'il emmenait, selon plusieurs récits, partout en laisse. Les versions divergent sur la manière dont il l'a obtenu et sur la durée de sa présence : nous ne donnons donc pas de date.
Pour la maison : un lion d'inspiration artistique
Les œuvres de Dalí sont protégées et ne se copient pas. Si vous aimez l'univers surréaliste ou l'art du lion en général, nos tableaux sont des créations dans d'autres styles (pop art, street art, noir et blanc). Aucun n'est présenté comme une reproduction d'une œuvre de Dalí. Pour d'autres références, voyez notre panorama Le lion dans l'art, notre guide TOP 10 : Tableaux Lions, la collection Tableaux Lion et l'article sur les symboles du lion.
Notre sélection de tableaux lion, du pop art au noir et blanc
Tableau Street Art LionUn tableau mural pour donner du prestige à un salonVoir le modèle →
Tableau Lion Pop ArtPièce de décoration qui apporte créativité et vitalité à la maisonVoir le modèle →
Tableau Lion Noir et Blanc RoyalDégage humilité et charme dans la pièce où il est accrochéVoir le modèle →
Tableau Lion SimplicitéUn lion sobre, objet décoratif qui donne du prestige au salonVoir le modèle →Notre collection
Tableaux Lion
Tous nos modèles réunis au même endroit, à découvrir en photos.
Voir la collection →

Questions fréquentes
Quelle est l'œuvre la plus connue de Salvador Dalí ?
La Persistance de la mémoire (1931), avec ses montres molles, est la plus célèbre. Elle est conservée au MoMA de New York. Elle ne contient pas de lion.
Quelle est la phrase culte de Dalí ?
Il n'y en a pas une que l'on puisse citer sans précaution. Beaucoup de phrases circulent en son nom sans source, et certaines sont des traductions approximatives. Pour citer Dalí, appuyez-vous sur ses livres ou sur un entretien daté, et indiquez la source.
Quelle est la symbolique du lion ?
Dans la plupart des cultures, le lion symbolise la puissance, le courage et la royauté. Chez Dalí, aucune source lue ne lui donne un sens unique : voyez plus haut ce qui est documenté.
Où voir « Dormeuse, cheval, lion invisibles » ?
Le tableau du Centre Pompidou fait partie des collections du musée, mais le bâtiment est fermé pour travaux : renseignez-vous sur son site pour savoir où il est présenté. Deux autres versions existent, l'une au Pola Museum of Art, au Japon, l'autre dans une collection particulière à Paris.
Les œuvres de Dalí sont-elles libres de droits ?
Non. Dalí est mort en 1989 : en Europe, ses œuvres restent protégées jusqu'à la fin de 2059. Une reproduction (affiche, toile imprimée, objet) doit être autorisée par ses ayants droit, notamment la Fundació Gala-Salvador Dalí.
Dalí a-t-il fait des sculptures de lion ?
Au moins une : un assemblage de 1933 montrant une tête de lion rugissant avec des œufs sur le plat dans la gueule. Le catalogue raisonné ne le connaît que par des photographies et ignore où il se trouve. Pour toute sculpture de lion vendue aujourd'hui sous le nom de Dalí, vérifiez l'édition, la fonderie et la date de fonte.
Nos sources
- Centre Pompidou, notice de « Dormeuse, cheval, lion invisibles » (1930), inventaire AM 1993-26
- Fundació Gala-Salvador Dalí, catalogues raisonnés (peintures P 245 à P 247, sculptures OE 15)
- The Metropolitan Museum of Art, notice de The Accommodations of Desire (1929)
- Artsper, Dalí's lithographs: a buyer's guide




